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Le courriel arrive habituellement en milieu d'après-midi. Un client a des billets pour ce soir, ou votre directeur en a, et la question atterrit sur votre bureau vers quinze heures, sans le temps de repasser à la maison : quoi porter pour un match de hockey — celui-ci, au Centre Bell, avec des gens avec qui vous travaillez. C'est l'invitation la plus montréalaise qui soit, et chaque octobre, nous voyons des hommes se tromper dans les deux sens.

D'un côté, il y a l'homme venu directement du bureau sans rien changer, complet en laine peignée et cravate luisant sous les lumières de l'aréna comme s'il s'était égaré en cherchant une conférence. De l'autre, celui qui a décidé que le hockey appelle les vêtements les plus usés qu'il possède. Les deux ont raté le même fait : une soirée client au match demeure une soirée client. Le code vestimentaire n'a pas disparu. Il a simplement changé d'édifice.

Quoi porter pour un match de hockey : la formule

Un tricot fin, un pantalon foncé avec un peu de souplesse, et des chaussures qui peuvent survivre à une bière. Voilà toute la réponse. Le reste, c'est du détail — mais c'est dans le détail que la soirée se gagne.

Le tricot fait le travail que fait habituellement le veston. Un col rond en fine jauge a l'air habillé sans avoir l'air endimanché, et il compose avec un édifice froid sur la promenade et chaud dans les sièges mieux que n'importe quel blazer. Notre choix cette saison : le col rond en laine vierge brun chameau à bordures contrastantes de Gran Sasso (335 $) — le col et les poignets soulignés sont un petit détail, mais c'est la différence entre un chandail choisi et un chandail attrapé au vol. Nous passons la saison à défendre l'idée que le brun est la couleur où loge la confiance de l'année, et trois heures sous les lumières de l'aréna ne nous feront pas changer d'avis.

En dessous, un denim ou un chino coupé comme un pantalon habillé. Le chino Luis brun café de Tramarossa (495 $) est taillé par une maison de denim de Vicence et tombe sur la jambe exactement comme un pantalon habillé, et c'est précisément le but; leur denim Leonardo bleu-gris (495 $) est la version cinq poches de la même idée. Les règles du denim de bureau que nous avons établies plus tôt ce mois-ci tiennent aussi à l'aréna : foncé, uniforme, rien de délavé ni de déchiré. La rangée D des rouges n'est pas une exemption.

Les chaussures : semelles de caoutchouc, point final. Les escaliers de l'aréna deviennent un ruisseau de bière renversée dès la deuxième pause, et une semelle de cuir les traite comme une clinique de patinage. Un derby propre en suède foncé ou une espadrille de cuir sans logo fait l'affaire; les chaussures que vous porteriez à une réunion du conseil restent à la maison avec le complet.

Le complet que vous portez déjà

Certains soirs, le temps manque pour tout cela, et la réponse honnête, c'est le triage. Enlevez la cravate et pliez-la dans la poche de votre manteau. Ouvrez le col. Si votre bureau a un tiroir — et après les arguments de cet automne en faveur de la semaine hybride, il devrait — le changement de quatre-vingt-dix secondes qui compte le plus, c'est la chemise : le même veston sur un tricot fin foncé donne un tout autre homme que le même veston sur une chemise de bureau à 21 h. Un seul échange, et vous n'avez plus l'air de sortir du travail. Vous avez l'air d'être venu exprès.

La loge, c'est un autre sport

Si les billets viennent avec un numéro de loge, le calcul change. Une loge corporative, c'est un souper d'affaires avec un tableau indicateur : vous serez debout, on vous présentera, et le veston reste. Veste sport foncée et texturée, col ouvert ou tricot fin en dessous, pantalon soigné. La règle à laquelle nous revenons toujours s'applique ici aussi — l'hôte s'habille une demi-coche au-dessus de ses invités, jamais une coche entière.

Ce qui nous amène au chandail d'équipe. Portez-le à la matinée du samedi avec vos enfants, et portez-le fièrement; c'est à ça qu'il sert. Aux côtés d'un client, il donne la soirée au costume et vous sort de la conversation. On peut aimer l'équipe sans s'habiller comme l'alignement.

Une dernière note montréalaise : la marche depuis le métro à la fin octobre est plus froide que le match, et votre manteau passera trois périodes plié sur vos genoux. Apportez celui qui se plie sans se plaindre, pas celui qui vous dispute l'accoudoir.

Si le jean a besoin d'un vrai ourlet ou si le tricot doit effleurer plutôt que flotter, nos tailleurs sur Décarie font ce travail sur place — prenez rendez-vous pour un essayage, ou venez parcourir le mur de tricots pendant que les présentoirs sont pleins. Le match se décide sur la glace. La soirée se décide avant de quitter la maison.