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La plupart des vêtements habillés de notre boutique ont traversé un océan pour arriver jusqu'ici. Nous achetons en Italie chaque saison et nous ne nous en excusons pas. Mais un fabricant présent sur nos présentoirs nous envoie des complets qui parcourent une quinzaine de minutes pour atteindre le boulevard Décarie, et cette semaine, nous croyons que cela mérite un billet à part entière. Les complets fabriqués à Montréal sont devenus si rares que bien des hommes sont sincèrement étonnés d'apprendre qu'il en existe encore. Jack Victor les taille dans cette ville depuis 1913, et notre position est simple : aucune marque que nous offrons ne donne à un homme qui travaille plus de complet pour son argent.

L'usine que cette ville avait oubliée

Jack Victor a vu le jour comme maison familiale de confection il y a plus d'un siècle, et elle l'est demeurée — toujours dirigée par la famille, toujours à couper et à coudre à Montréal. C'est véritablement exceptionnel. Presque tous les noms nord-américains du vêtement de cette époque ont fermé leurs portes ou déplacé discrètement leur production outre-mer, tout en gardant le récit patrimonial sur l'étiquette. Jack Victor a gardé l'usine.

Ce que « fabriqué à Montréal » signifie concrètement : le tissu provient des meilleurs lainiers italiens — Loro Piana, Vitale Barberis Canonico, Drago — et il est coupé et cousu en complets ici, avec une véritable construction entoilée, par des gens qui font exactement ce métier depuis des décennies. Les coupes que nos habitués connaissent — Esprit, Dean, Montana, Hampton — sont des patrons maison peaufinés au fil des générations, et non des modèles sous licence produits là où le contrat a atterri cette année.

Ce que les complets fabriqués à Montréal font de mieux

Un complet dessiné à Milan est conçu pour l'hiver de Milan. Un complet fabriqué ici est construit par des gens qui ont marché jusqu'au travail dans la météo de ce matin. C'est dans les poids de tissu qu'on sent le plus la différence : Jack Victor taille pour une ville qui affiche vingt-deux degrés en septembre, moins vingt en janvier, et des bureaux surchauffés par les radiateurs entre les deux.

Cet automne, cette réflexion se traduit par la flanelle. Le complet Montana en flanelle de laine et cachemire à carreaux bleus (1 348 $) est celui que nous recommanderions en premier cette saison — une coupe contemporaine à l'épaule souple, dans un tissu d'une réelle profondeur, du genre qui fait meilleure figure dans une salle de conseil que n'importe quel peigné lustré à deux fois le prix. Il y a aussi un Marco en flanelle vert foncé à revers en pointe pour l'homme dont le marine et le gris sont déjà couverts — la flanelle verte est une élégance discrète, et les étages les mieux habillés de cette ville sauront la lire correctement. Et le Dean en laine extensible anthracite, le complet que nous recommandons depuis un mois comme premier complet, est taillé à quelques kilomètres de l'endroit où l'on vous en fera l'essayage.

Pour les bureaux où la cravate est facultative, Jack Victor tricote désormais carrément le vêtement habillé. La veste sport tricotée Hampton en laine extensible brune (1 198 $) bouge comme un cardigan et se porte comme une veste, dans le brun qui est tranquillement devenu le marine de la saison. Portez-la sur l'un de leurs polos tricotés en mérinos et soie, et vous voilà habillé pour à peu près n'importe quel mardi que cette ville peut produire.

Pourquoi le local compte à notre table d'essayage

Soyons honnêtes, parce que l'honnêteté est la raison d'être de ce journal : nous n'offrons pas Jack Victor par patriotisme. Le sentiment ne mérite pas d'espace sur nos présentoirs. Ces complets côtoient Corneliani et Luigi Bianchi Mantova et doivent soutenir la comparaison chaque jour. Ils y parviennent — dollar pour dollar, Jack Victor est la meilleure valeur de notre collection de vêtements habillés, et nous le disons en tant que gens qui vendent volontiers les complets qui coûtent deux fois plus cher.

Mais la proximité comporte aussi de réels avantages. Quand votre taille est épuisée, un réassort, c'est un coup de fil et un court trajet en voiture, pas une attente transatlantique qui arrive après le mariage. Et nos tailleurs ont retouché plus de complets Jack Victor que de toute autre marque — ils connaissent ces patrons comme un mécanicien connaît un moteur qu'il a remonté cent fois : où loge la réserve de couture, exactement ce que chaque coupe peut donner.

Une mise en garde, pour que ceci se lise comme un conseil plutôt que comme une publicité : « fabriqué à Montréal » n'est pas une raison d'acheter un complet. La coupe est la raison d'acheter un complet — nous le répétons dans ce journal depuis un mois et nous continuerons de le dire. Il se trouve simplement que le complet le mieux construit pour la vie de cette ville y est aussi fabriqué. Ce n'est pas du romantisme. C'est de la logistique et cent ans de pratique.

Venez le juger face au présentoir des complets plus chers

Voici ce que nous vous proposons. Passez nous voir et essayez le Montana en flanelle à côté d'un complet italien à près du double du prix. Personne ne vous influencera; le miroir fait le travail. Certains hommes repartent avec l'italien, et ils ont raison de le faire. Un nombre étonnant repartent avec le complet montréalais et un sentiment fort agréable quant à la différence. Prenez rendez-vous pour un essayage, ou passez simplement à la boutique — le fabricant est à quinze minutes, et nous sommes encore plus près.