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Début octobre, en vous parlant de foulards dans ces pages, nous avions remis le chapeau à plus tard. C'était, disions-nous, une conversation pour novembre. Novembre arrive dimanche, et il n'arrive pas seul : on recule l'heure la même fin de semaine, la lumière aura disparu dès seize heures trente, et la météo s'est mise à parler d'averses de neige sans rire. Ayons donc cette conversation comme il se doit, avant que la météo ne l'ait pour vous : un guide honnête des chapeaux d'hiver pour hommes, ce qui, dans cette ville, veut d'abord et surtout dire la tuque.

Nous savons pourquoi les hommes repoussent la question. Un chapeau écrase la coupe de cheveux et se pose précisément là où tout le monde regarde. Pendant deux ou trois semaines chaque automne, le débat entre la vanité et la chaleur semble pouvoir se gagner.

La coiffure perd contre janvier. Elle a toujours perdu.

Tout débat mené contre un mois de janvier montréalais se termine de la même façon. L'homme qui remonte Décarie tête nue face à un vent de moins quinze ne fait pas une déclaration de style; il fait un sacrifice, et personne ne le lui a demandé. La question n'a jamais été de savoir si vous porterez un chapeau. Elle est de savoir si ce chapeau sera choisi, comme l'a été le manteau qu'il accompagne, ou simplement enduré.

La tuque a le même problème de réputation qu'avait le veston sans manches avant que nous prenions sa défense : c'est la tuque gratuite qui a fait les dégâts. Le modèle en molleton avec un logo, distribué lors d'un congrès, tiré du placard de l'entrée dans la panique : ce chapeau-là mérite sa réputation. Un bonnet tricoté acheté comme on achète un tricot, selon la fibre, la jauge et la couleur, est un tout autre vêtement qui porte le même nom. Il s'intègre à la tenue au lieu de s'y ajouter.

Choisir ses chapeaux d'hiver : côtelé, ajusté et discret

L'ajustement d'abord. Une bonne tuque épouse le crâne, avec un seul repli de bord tout au plus. Elle couvre entièrement les oreilles, c'est là toute sa raison d'être, et s'arrête avant les sourcils. Un tricot côtelé y parvient le mieux, car la côte offre de l'élasticité sans affaissement. Le pompon, c'est pour les pentes de ski et pour les enfants, dans cet ordre.

La couleur suit la règle que nous avons donnée pour les foulards : proche de celle du manteau, sans jamais l'imiter. Le charbon, le marine et le taupe conviendront à presque tous les manteaux de cette ville. Et rappelez-vous ce que le chapeau rejoint : de novembre à avril, le triangle chapeau, foulard et col constitue l'essentiel de ce que les gens voient de vous. Les trois doivent bien s'entendre sans porter l'uniforme.

Nous avons plaidé pour le cachemire au cou il y a quelques semaines. L'argument vaut doublement pour le front et les oreilles, une peau particulière, du genre à porter plainte tôt et bruyamment. Le bonnet côtelé en cachemire marine Stenströms (220 $) est en pur cachemire au tricot côtelé classique, et comme la côte fait le travail du tailleur, c'est l'un des rares vêtements de la boutique qui s'ajuste tout seul. Sous un pardessus marine, charbon ou camel, il paraît voulu plutôt qu'enduré.

La réponse en laine vient de Paul & Shark, dont nous avons présenté les tricots Cool-Touch plus tôt ce mois-ci : le bonnet côtelé en laine vierge marine (150 $), assez doux sur le front, offert aussi en taupe et en gris pâle au même prix. Il se lave même à la machine au cycle délicat, ce qu'aucun cachemire n'acceptera jamais. Notre calcul honnête, c'est deux chapeaux : le cachemire pour les jours de pardessus, la laine pour le parka, la patinoire et la poche du manteau attrapé en sortant.

La casquette en laine, et autres réponses honnêtes

Cet automne, il existe une troisième voie : la casquette de baseball en laine tricotée, que Paul & Shark propose en marine et en brun à 295 $. Soyons honnêtes sur ce qu'elle est : un chapeau de novembre, pas de janvier, car une visière ne fait rien pour vos oreilles. Par-dessus un paletot la fin de semaine, elle a l'air réfléchie et actuelle, et la brune rejoint la direction qu'ont prise les couleurs de la saison tout l'automne. Un jour de complet, nous la laisserions à la maison.

Un mot sur les cheveux aplatis, puisque personne d'autre ne le dira : choisissez une jauge fine, prenez une taille qui tient sans serrer et, si la réunion compte, portez-le à la main pendant les deux dernières minutes de marche. À l'intérieur, on l'enlève, toujours. À l'intérieur, un chapeau cesse d'être un vêtement et devient une question.

Le chapeau est l'une des rares choses que nous vendons qui n'aura jamais besoin de nos tailleurs. Il a quand même besoin du manteau. Achetez-le en portant celui avec lequel il vivra, col relevé, devant un miroir; cinq minutes règlent ce que le miroir de la salle de bain débat depuis des années. Le présentoir se trouve près des foulards, à la boutique sur Décarie, parmi le reste des accessoires, et si vous préférez en faire une visite plus longue, réservez l'heure. La conversation que nous avions remise est courte. Elle se termine au chaud.