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L'histoire commence en 1935, dans une ville nommée Mukachevo, alors en Tchécoslovaquie, quand un garçon de treize ans prénommé Jacques quitte son village pour apprendre un métier. Ce qu'il apprend — rapidement, et de l'avis de tous avec un toucher d'or — c'est comment un vêtement doit tomber sur un homme. Neuf décennies plus tard, l'entreprise qui porte son nom est toujours sur le chemin de la Côte-des-Neiges, et ce que nous faisons encore le mieux est précisément ce dans quoi il a fait son apprentissage : réussir la coupe.

Ce qui nous amène au sur-mesure (made-to-measure) — un terme que l'industrie de la mode masculine emploie constamment et explique mal. Puisque nous en faisons chaque semaine, permettez-nous un guide honnête.

Ce qu'est réellement le sur-mesure

Le prêt-à-porter signifie que le vêtement a été coupé selon un patron standard et que votre travail est d'avoir la silhouette du standard. Le grand sur-mesure (bespoke) signifie qu'un patron est tracé de zéro pour votre corps seul — magnifique, lent, et facturé en conséquence. Le sur-mesure est le juste milieu intelligent : un patron existant d'un excellent fabricant, ajusté à vos mesures avant même que le tissu ne soit coupé. Votre posture, la pente de vos épaules, ce bras que vous portez légèrement vers l'avant après trente ans de poignées de main — tout est pris en compte à l'atelier, plutôt que corrigé après coup par un tailleur en retouches.

Pour la plupart des hommes — y compris la plupart des hommes à la garde-robe impeccable — c'est le point d'équilibre parfait. Vous choisissez le tissu, les boutons, la doublure, le revers; le fabricant construit le costume autour de vos mesures; et le résultat tombe d'une manière qu'aucune retouche de prêt-à-porter ne reproduit tout à fait.

À qui il s'adresse vraiment

Trois types d'hommes s'assoient dans notre salle d'essayage. Le premier est réellement difficile à habiller — carrure athlétique, torse long, une épaule plus basse que l'autre (c'est le cas de presque tout le monde). Le deuxième a une occasion où « presque parfait » n'est pas suffisant : son mariage, le mariage de sa fille, la transaction qui a pris quatre ans à conclure. Le troisième porte simplement le costume assez souvent pour avoir des opinions — et le sur-mesure est l'endroit où les opinions s'expriment, un échantillon de tissu à la fois.

Comment cela se passe chez nous

Tout commence par un rendez-vous et environ une heure de conversation sans hâte. Nous prenons les mesures — correctement, comme on nous l'a enseigné — et nous parlons de la façon dont vous vivez réellement dans vos vêtements : les voyages, les saisons, si la veste doit survivre à la voiture, à la salle de conférence ou aux deux. Puis les livres de tissus sortent, de filatures dont les noms méritent d'être prononcés à voix haute — Vitale Barberis Canonico, Loro Piana — et nous construisons le vêtement sur papier, ensemble. Parmi nos partenaires figure Jack Victor, dont l'atelier se trouve ici même à Montréal, ce qui nous semble toujours un petit miracle discret : un costume sur mesure coupé dans la ville même où il sera porté.

Quelques semaines plus tard, vous revenez pour l'essayage, nous peaufinons ce qui le demande, et vous repartez avec un costume qui, au sens propre, n'a jamais appartenu à personne d'autre.

Les mises en garde honnêtes

Le sur-mesure récompense la patience — il se compte en semaines, pas en après-midi, alors commencez bien avant la date du mariage. Et il récompense la franchise : dites-nous comment vous vous tenez, vous assoyez et bougez vraiment, pas la version posture-devant-le-miroir de vous-même. Le ruban à mesurer finit toujours par le découvrir. Il le découvre ici depuis 1935.

Si l'idée vous trotte dans la tête, l'automne est la saison pour agir — les livres de tissus AH26 sont ouverts et le calendrier se remplit à l'approche des Fêtes. Prenez rendez-vous, appelez-nous au 1 877 393-2789, ou commencez par explorer nos vêtements tailleur pour découvrir les fabricants que nous défendons.