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Chaque septembre, la même conversation revient dans notre salle d'essayage. Un client s'envole de Trudeau lundi — deux jours à Toronto, puis New York — et il veut savoir comment une semaine de réunions tient dans un seul bagage de cabine. Après des années à habiller les cadres voyageurs de Montréal, nous avons une réponse ferme : une garde-robe de voyage d'affaires n'est pas une version réduite de votre placard. C'est une discipline différente, bâtie autour de tissus qui pardonnent et de pièces qui se répètent sans que personne ne le remarque.

La bonne nouvelle, c'est que la discipline est simple. Cinq jours de réunions exigent une veste, deux pantalons, trois chemises, une maille, une paire de chaussures. Le talent est dans le choix.

Une veste, et elle a intérêt à être en jersey

L'erreur que nous voyons le plus souvent : un homme qui emballe sa plus belle veste structurée. L'entoilage et les épaulettes sont des choses merveilleuses — nous les avons défendues longuement dans ce journal — mais elles ne se plient pas. Elles arrivent froissées à la tête de manche et boudent pour le reste du voyage.

Une veste de voyage doit être tricotée, pas tissée. Cet automne, cela signifie la veste sport en jersey de laine gris chiné de L.B.M. 1911 — déstructurée, sans doublure qui godaille, coupée dans un jersey de laine qui sort de la valise comme il y est entré. Roulez-la, ne la pliez pas, et elle acceptera une place dans le compartiment supérieur sans se plaindre. À 950 $, c'est le vêtement le plus vaillant de toute cette liste de bagages.

Et nous prendrons le gris chiné plutôt que le marine pour le voyage — une opinion que nous tenons fermement. Une veste gris moyen se pose sur un pantalon marine, sur un denim pour le vol de retour du vendredi, sur toutes les chemises que vous possédez — et la texture chinée cache une semaine d'usure comme un peigné marine plat n'y arrivera jamais.

Bâtir le reste de la garde-robe de voyage d'affaires

Les pantalons font le plus gros du travail, ils doivent donc être techniques. Le cinq-poches marine Ceramica d'Alberto est celui avec lequel nous équipons les voyageurs : un tissu respirant et thermorégulateur qui refuse de se froisser et refuse de pocher au genou, dans une coupe cinq-poches qui se lit comme un pantalon habillé en salle de conseil et comme un pantalon décontracté au souper. Portez-en une paire dans l'avion, emballez la deuxième en gris, et vous êtes couvert de la présentation du lundi au steakhouse du jeudi.

Les chemises sont l'endroit où la plupart des valises échouent. La popeline de coton se froisse si vous la regardez sévèrement. Le Signature Twill d'ETON est l'exception — le fini infroissable est réellement infroissable, pas seulement réticent au froissage — et une blanche et une bleu pâle, pliées à plat, tiendront trois jours chacune sans fer d'hôtel. Notre mur de chemises habillées tient les deux, aux côtés des flanelles et velours côtelés qui décontractent une garde-robe de voyage pour le segment de fin de semaine.

Ajoutez une maille fine — un demi-zip marine en laine et cachemire de Gran Sasso, disons — et vous avez l'uniforme de vol, la couche pour le bar de l'hôtel et la marche du dimanche matin, couverts par un seul vêtement.

Les règles que nous tenons à dix mille mètres

Portez les pièces les plus lourdes dans l'avion : la veste sur les épaules, les chaussures de cuir aux pieds. Une seule paire de chaussures — brun foncé, semelle de caoutchouc, un mocassin ou un derby Magnanni qui survit à un trottoir de Manhattan sous la pluie et a encore sa place sous une veste. Deux paires de chaussettes Marcoliani de plus que vous ne croyez en avoir besoin, parce que les chaussettes sont la seule chose qu'on ne peut pas reporter.

Suspendez tout dès l'enregistrement. Dix minutes de vapeur de salle de bain d'hôtel pendant votre douche régleront ce que la valise a infligé. Et ne mettez jamais, jamais votre tailleur en soute. Les compagnies aériennes perdent des bagages; un homme qui atterrit à Toronto à neuf heures pour une réunion à dix garde sa veste là où il peut la voir.

Une dernière opinion, offerte librement : la semaine précédant un voyage est le mauvais moment pour découvrir que votre pantalon a besoin d'un ourlet ou que vos manches de veste sont trop longues. Nos tailleurs travaillent sur place, sur Décarie, mais le bon travail prend quelques jours. Si l'automne vous fait voyager, prenez rendez-vous deux semaines à l'avance, ou appelez-nous au 1 877 393-2789. Nous vous aurons emballé, pressé et embarqué avec un seul bagage de cabine — et rien à excuser quand la veste sortira du crochet dans la salle de conseil.